Rénatura est une association loi 1901 fondée en France en mai 2001. Un relais a été créé au Congo Brazzaville en octobre  2005 sous le nom de Rénatura Congo.

           Les missions de Rénatura
           Historique du programme
           Pourquoi conserver les tortues marines au Congo ?
           Les menaces qui pèsent sur les tortues marines
           La législation protégeant les tortues marines

Les principales missions de Rénatura
Rénatura a pour objectif de promouvoir le développement durable par la conservation de la biodiversité, grâce à :
- L’action, en menant des études et des activités pour la sauvegarde des espèces sauvages et des milieux naturels menacés de disparition.
- L’information grâce à des activités de sensibilisation du grand public aux problèmes environnementaux, à des interventions en milieu scolaire, à la diffusion d’outils pédagogiques, etc.
- L’appui à la construction de projets relatifs à la protection d’espèces et milieux menacés.

"Charte Ethique de Rénatura Congo"

Le programme principal de Rénatura est axé sur la conservation des tortues marines, espèces menacées de disparition. Ce programme s’articule en deux volets distincts et complémentaires, dont le rayonnement s’étale sur l’ensemble du littoral congolais, hors Parc National de Conkouati-Douli :
- L’étude et la sauvegarde des tortues marines, qui se décline en trois activités : l’étude exhaustive des pontes sur trois sites de 10 km ; l’étude estimative de deux sites de ponte longs de 10 à 16 km ; et le suivi et la libération des captures accidentelles de tortues marines dans les filets de pêche artisanale.
- L’éducation et la sensibilisation à l’environnement dans les écoles rurales et urbaines ainsi qu’auprès du grand public.
L’association s’investit également dans d’autres thématiques environnementales telles que le recensement  d’espèces emblématiques, des enquêtes sur la place de la conservation dans la tradition congolaise, sur la présence de viande de brousse dans les marchés ponténégrins en période de fermeture de chasse, l’exploitation irraisonnée des ressources halieutiques, la sensibilisation du grand public sur les déchets ménagers, etc

Historique du programme de Rénatura
Au cours d’un séjour au Congo à la fin de l’année 1999, trois français, Nathalie Bréheret, Alexandre Girard et Gaëlle Bal, constatent l’importance de la pression humaine exercée sur les ressources naturelles dans le pays et plus particulièrement sur les tortues marines. Le manque d'information des communautés locales sur les problèmes environnementaux se révèle être la cause première de ces  comportements. De là naît l’association Rénatura, dont les premières activités seront menées par les membres fondateurs sur leurs fonds propres.
Ainsi, dès l’an 2000, des campagnes de suivi des pontes et de sensibilisation du public sont initiées dans le Parc de Conkouati-Douli.
En 2002, une prospection allant de la frontière du Cabinda à celle du Gabon permet de dresser une carte de répartition des sites prioritaires pour l’étude et la conservation de ces espèces classées "Vulnérables" ou "en Danger d'extinction" par la liste Rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).
A partir de 2003, Rénatura bénéficie de financements internationaux lui permettant de mettre en place deux équipes de suivi des pontes sur le terrain.
pecheur merEn 2004, une équipe d’étude estimative des pontes s’ajoute à ces effectifs, en partenariat avec l’Université d’Orsay en France. En 2005, Rénatura Congo se penche sur le problème des captures accidentelles dans les filets de pêche et crée un programme inédit de suivi et de libération des tortues marines en partenariat avec les pêcheurs artisanaux. L’association initie également cette même année un programme d’éducation à l’environnement dans les écoles rurales et urbaines.
De 2006 à 2008, l’association mène diverses études et recensement d’espèces emblématiques. A partir de 2009, elle développe des activités touristiques dont une partie des bénéfices est destinée à financer des projets d’intérêts communautaires.
Au cours des grandes vacances scolaires de la même année, des clubs vacances sur des thématiques environnementales sont organisés pour les enfants des villages côtiers.
Les activités de Rénatura n’ont donc cessé de se développer et de se diversifier depuis 2000, mais restent néanmoins tributaires, comme toutes les associations, des financements disponibles.

tortue Pourquoi conserver les tortues marines au Congo ?
Chaque année, entre les mois de septembre et de mars, le littoral du Congo accueille d’importantes populations de tortues marines en période de ponte. Ce site est essentiel pour la nidification de certaines de ces espèces : le suivi des plages du Congo et du Gabon durant ces dernières années prouve qu’elles sont parmi les plus fréquentées dans le monde par les tortues luths (Dermochelys coriacea) et que la présence des tortues olivâtres (Lepidochelys olivacea), espèce très menacée dans l’Atlantique, y est également remarquable. Des pontes de tortues vertes (Chelonia mydas) et de tortues caouannes (Caretta caretta) sont également enregistrées de façon sporadique sur la côte congolaise.

Les fonds marins du Congo offrent également des zones d’alimentation et de croissance pour ces animaux. En effet, de nombreux spécimens immatures de tortues vertes et de tortues imbriquées (Eretmochelys imbricata) sont régulièrement capturés accidentellement dans les filets de pêche en mer.

Ainsi, cinq des sept espèces de tortues marines existant dans le monde fréquentent la côte congolaise. Conserver les tortues marines au Congo est donc une priorité internationale pour ces animaux menacés de disparition.

Les menaces qui pèsent sur les tortues marines
De nombreuses menaces dites naturelles pèsent depuis toujours sur les tortues marines sans remettre en question leur survie. Cependant, le développement des activités humaines et la modification des habitudes traditionnelles menacent directement ces espèces.
Principalement :
- le prélèvement systématique des œufs et des tortues marines en ponte pour le commerce alimentaire ; 
- les captures accidentelles dans les filets de pêche en mer entraînant la noyade des individus et/ou leur vente ;
- la pollution des océans par les déchets urbains et industriels ;
- l’urbanisation et la destruction des sites de pontes.

La législation protégeant les tortues marines
Depuis avril 2011, l'Arrêté N°6075, issu de la loi N°37-2008 et déterminant les Espèces intégralement et partiellement Protégées, a été promulgué classant toutes les tortues marines présentes au Congo comme animaux intégralement protégés.
En outre, plusieurs conventions protègent les tortues marines à l’échelle  internationale :
La CITES (Convention on International Trade in Endengered Species of Wild Fauna and Flora) ou Convention de Washington protège les tortues marines, leurs œufs et tout produit qui en est issu, contre le commerce international ;
La Convention de Bonn ou CMS (Convention on the conservation of Migratory Species of Wild Animals) qui édicte des obligations visant à protéger les espèces migratrices très menacées et incite à la création d’accords spécifiques régionaux. C’est ainsi qu’a été établi un mémorandum d’accords pour la conservation des tortues marines de la côte Atlantique de l’Afrique, le Mémorandum d’Abidjan. Tous ces textes ont été ratifiés par le Congo.

Rénatura c’est aussi...

une équipe sur le terrain…
equipes-renatura- Étude exhaustive des pontes : 3 campements, 15 agents
- Étude estimative des pontes : 4 agents
- Suivi et libération des captures accidentelles : 2  agents
- Éducation et sensibilisation à l’environnement : 4 animateurs
- Logistique/Data base Manager : 2 personnes
- Coordination: 3 personnes (sous le statut de Volontaire de Solidarité Internationale)
- Conseil scientifique: 1 personne

des partenariats techniques …
Wildlife Conservation Society (WCS)
Jane Goodall Institut (JGI)
Laboratoire Ecologie, Systématique et Évolution de l’Université Paris-Sud à Orsay (France).
Institut de Développement Rural (IDR), Université de Brazzaville, Congo.
Rénatura prend part à plusieurs réseaux…
RASTOMA(Réseau des Acteurs et professionnels pour la Sauvegarde des TOrtues Marines en Afrique) : plateforme de discussion et d'échange d'expérience autour de la conservation des tortues marines
REEDDAC (Réseau pour l'Éducation à l'Environnement et le Développement Durable en Afrique Centrale)
SWOT (the State of the WOrld's seaturtles)
IUCN MTSG (IUCN Marine Turtle Specialist Group)
GSTN (Global Sea Turtle Network)
ACFAP-CONGO (Agence Congolaise de la Faune et des Aires Protégées)