Programme de libération

Libération des tortues marines prises accidentellement dans les filets de pêche artisanale

Depuis 2005, Rénatura Congo a mis en place, en partenariat avec les pêcheurs locaux de la côte congolaise, un programme de suivi et de libération des tortues marines capturées accidentellement dans les filets de pêche artisanale.

          Définition du programme
           Organisation du travail
           Information et sensibilisation
           Programme d'accompagnement des techniques de pêche
           Les principaux sites de capture accidentelle : la Baie de Loango

Définition du programme

Initié suite au constat de menace directe des ces captures sur le maintien des populations de tortues marines, ce programme offre non seulement la possibilité de suivre la présence des tortues marines le long des côtes congolaises tout au long de l’année, mais aussi d’agir concrètement pour leur conservation en minimisant l’impact des filets dérivants sur ces animaux, et en responsabilisant les pêcheurs.

Depuis son lancement, plus de 12.000 captures accidentelles de tortues marines (entre 1500 et 2000 par an)  ont ainsi pu être libérées des mailles des filets.

L’Arrêté du 09 avril 2011, classant la tortue marine au rang des espèces intégralement protégées au Congo, renforce ce programme, et désormais le commerce de ces animaux a entièrement cessé dans les localités où se déroulent les activités de libérations.

Organisation du travail

Les agents de suivi des captures et des libérations

Deux agents, Cyrille et Frakata, érudits de la pêche en mer et connaissant précisément les différentes techniques de réparation d’un filet, sont chargés d’effectuer le travail de suivi et de libération des captures accidentelles de tortues marines. 

Accord proposé
Si un pêcheur décide de remettre une tortue à l’eau plutôt que de la tuer ou de la vendre, l’association s’engage à fournir le matériel nécessaire à la réparation de l’accroc dans le filet engendré par la libération de l’animal. En revanche, aucune compensation financière n’est versée pour la main d’œuvre et le temps d’immobilisation du filet.

Protocole d’un relâcher
Si un pêcheur souhaite libérer une tortue, il contacte l’association par téléphone, ou avertit directement l’agent chargé de cette mission lors de son passage quotidien. L’agent aide à la libération de la tortue, constate les dégâts causés sur le filet puis estime le nombre de bobines de fil ou de pièces de filet nécessaires à la réparation. Le pêcheur reçoit le matériel généralement le lendemain de la libération.      

Travail des agents
Chaque jour, les deux agents chargés des libérations se rendent en moto sur les zones ciblées pour cette action. Ils rejoignent les pêcheurs qui ont contacté l’association pour procéder à des libérations et pour apporter le matériel promis. Ils assistent à l’accostage des pêcheurs et peuvent ainsi effectuer les libérations immédiatement, ce qui permet de limiter au maximum la période de détention de la tortue marine. Dans certains cas (captures de tortues luths), les pêcheurs laisse la tortue dans le filet en mer et les deux agents repartent alors avec eux en pirogue pour relâcher ces individus directement en mer. Ils enregistrent également les tortues marines mortes dans un filet de pêche avant d’avoir pu être libérées.

Observation des tortues
En présence d’une tortue marine, l’agent relève plusieurs données biométriques : écaillure, longueur et largeur courbes de la carapace, largeur courbe de la tête, longueur de la queue...
L’agent identifie ensuite l’animal à l’aide de bagues de type “Monel” sur lesquelles est mentionné le sigle REN (pour Rénatura).
Avant de laisser l’animal repartir à la mer, l’agent prend enfin une série de clichés : numéro des bagues, tête, dossière et queue, particularités physiques (blessures, balanes, grosseurs…). Ces photos permettent par la suite d’identifier l’individu, d’illustrer les anomalies physiques observées mais également de vérifier les informations relevées et ainsi de rectifier les erreurs éventuelles.

 

Information et sensibilisation

La sensibilisation des habitants fait partie intégrante de ce programme et est pratiquée à chaque instant sans attendre la tenue de réunions officielles.
Les agents sont formés sur la communication et partout où ils passent, que ce soit sur les plages, dans les villages, sur les marchés ou sur la route, ils peuvent intervenir pour sensibiliser les gens à l’intérêt de protéger les tortues marines. Ainsi chaque personne détenant une tortue marine vivante est nécessairement informée et sensibilisée pour l’inciter à la libérer.

Au village de Pointe-Indienne un panneau d'informations sur ce programme a été installé. Il affiche également un récapitulatif des projets communautaires mis en place grâce à l'écotourisme développé autour des libérations de tortues marines.
> En savoir plus sur l'Ecotourisme "Libérations de tortues marines"...


Programme d’accompagnement des techniques de pêche

En parallèle à cette activité de relâchers des tortues marines, Rénatura a mise en place depuis 2010 une étude visant à élaborer un prototype de filet de pêche qui permettrait, à terme, de réduire les captures accidentelles de tortues marines tout en conservant, voire en améliorant, le rendement des prises commerciales.
> En savoir plus sur ce prototype de filet de pêche...

Les principaux sites de capture accidentelle : la Baie de Loango

La Baie de Loango, représentée par les plages ou villages allant de la Pointe Indienne à Matombi, enregistre la majorité des captures accidentelles de tortues marines.

L’intérêt particulier de cette zone pour les tortues marines, et principalement pour la tortue verte, est indéniable, notamment pour les individus juvéniles ou subadultes. La présence d’une bande rocheuse très riche en faune et flore marine est certainement la raison principale de cette concentration puisqu’elle offrirait une source abondante d’alimentation. Cette baie profite en outre de courants marins plus modérés que sur le reste du littoral. Ainsi cette zone présente toutes les caractéristiques favorables à la présence d’un site d’alimentation et de croissance pour les tortues marines. Par ailleurs, cette zone halieutique dispose également d’un grand nombre de pêcheurs, ce qui rend les captures plus courantes.